John Constable, peintre anglais romantique(1776-1837), peintre anglais, considéré avec Turner comme l'un des plus importants paysagistes romantiques britanniques, représente d'une manière nouvelle les différentes lumières des nuages et leur mouvement. Constable veut acquérir un nouveau mode d'observation : apprendre à mieux voir, c'est mieux peindre, peindre, c'est ressentir. Il copie les nuages de Ruysdael et a remarqué chez Poussin, les nuages qui s'amoncellent. Le temps est mis en relation avec ce qui précède et ce qui suit, c'est un déroulement naturel. Cette écoute de la nature est novatrice, ici, la fusion émotionnelle va guider l'artiste. Constable capte la lumière du soleil avec des touches de blanc ou de jaunes purs et le dramatisme de la tempête avec un coup de pinceau rapide et innovateur. Il travaille constamment à l'air libre, faisant des croquis qu'il parachève dans son studio. Il est l'un des précurseurs directs de l'impressionnisme. Il ne se rend jamais sur le continent où cependant ses œuvres sont bien accueillies notamment a Pans au Salon de 1824. Son art influencera de nombreux artistes français parmi lesquels le plus passionné sera Delacroix.

 

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Les nuages à Hampstead de John Constable Les nuages à Hampstead 1821 ou 1822

 

En 1821, Constable s'installe à Hampstead (banlieue proche de Londres) où il se livre à l'étude des nuages et du ciel, sous l'influence de la classification des nuages faite par le météorologiste Luke Howard. L'artiste note même le jour et l'heure de l'exécution et le temps qu'il fait.

Il écrit à John Fisher: "on m'a souvent conseillé de considérer mon ciel comme une toile blanche tendue derrière les objets. Il est certain que si le ciel est envahissant, à l'exemple des miens, ce n'est pas bon; mais si le ciel s'efface, à l'encontre des miens, c'est pire. Le ciel est la source de la lumière dans la nature et gouverne toute chose."En 1824, lors d'un séjour à Brighton, l'artiste étudie encore davantage les changements atmosphériques qu'il appelle le "chiaroscuro de la nature", c'est à dire les gradations de tons de la lumière naturelle. A la recherche de cet effet, il couvre sa toile de taches blanches pour rendre le scintillement des feuilles mouillées et de la rosée et celui de l'usage de pinceaux plus gros ou du couteau à palette pour obtenir une matière plus variée comme dans le Chateau de Hadleigh (1829, New York, collection Mellon).

Esquisse pour la baie de Weymouth vers 1816, huile sur carton
Victoria and Albert Museum, Londres

esquisse pour la baie de Weymouth de Constable

De tous les artistes anglais, Constable est celui qui se consacre avec le plus de passion et d'opiniâtreté à l'étude de la campagne, et qui reproduit le plus fidèlement les variations de la lumière et des ombres. En 1806, il visite la région des Lacs et en 1816, le Dorset, au cours de curieux voyages nocturnes Son grand amour pour le Suffolk, sa région natale, est la constante source d'inspiration de Constable.

Analyse du tableau :
L'œuvre, signée au dos par l'auteur, est sans doute exécutée durant son séjour dans la maison de son ami John Fisher. Il s'agit d'une promenade nocturne faite entre octobre et novembre 1816, comme le confirment du reste d'autres tableaux et un dessin daté qui, de la même manière, représentent la côte du Dorset (sud-ouest de l'Angleterre) entre Osmington, Weymouth et Portland. L'ambiance et la restitution de l'atmosphère sont traitées dans un style très dramatique; le fait que le cousin de Constable - comme précédemment le frère du poète Words- worth - ait coulé dans cette baie avec son navire, n'est certainement pas indifférent. L'horizon bas, le ciel obscur chargé de nuages orageux qui se reflètent sur la mer ridée, l'imposante falaise sombre qui encercle la baie déterminent la majestueuse grandeur du aysage. La technique utilisée pour rendre le ciel semble inspirée de Turner (Picto 626 à 631), peintre visionnaire qui, dans son traitement des ciels gris et nuageux, est lui-même influencé par la peinture hollandaise du XVIIe siècle. S'y ajoute «la neige de Constable », c'est-à-dire ces multiples touches blanches qui viennent parsemer la gamme des marrons et des gris et engendrent le frémissement de la lumière dans les nuages et sur la mer.

L'œuvre
Ce carton a une grande renommée grâce à une eau-forte gravée par David Lucas pour la suite intitulée English Landscape publiée en juin 1830. Toutefois, les critiques ne manqueront pas, lors de l'Exposition de 1819 au British Institute, de décrire l'œuvre comme «un croquis de plage déserte sans intérêt ». Le sujet est repris par Constable en 1824 dans une toile de dimensions moyennes aujourd 'hui à la National Gallery de Londres. La réplique la plus connue, conservée au musée du Louvre, inexactement considérée comme une vue de la plage d'Osmington, est actuellement tenue pour une copie, probablement réalisée sur la base de l'eau-forte déjà mentionnée.

met face à face l'homme, Dieu et la nature. L'homme représenté est figuré de dos et symbolise l'homme religieux qui s'interroge sur la vie éternelle.

Le voyageur au-dessus de la mer de nuages 1818
Huile sur toile 74.8 x 94.8 cm.
Hambourg Kunsthalle

 

L'homme est représenté en vêtement de ville et tenant une canne, il se dresse sur un haut rocher au-dessus de nuages et regarde la montagne la plus haute de ce paysage. Cet homme serait un haut fonctionnaire saxon des Eaux et Forêts, ce qui expliquerait la couleur vert sapin de son costume. Il regarde une montagne isolée, qui serait le Rosenberg. La présence de rochers est l'élément déterminant à la compréhension de cette oeuvre, puisqu'ils symbolisent la foi chrétienne .
Pour rejoindre Dieu, l'homme doit traverser cette étendue qui ressemble à une mer hérissée de récifs dangereux.

Ce tableau représenterait un défunt : cet homme, au sommet de cette montagne, est à la fin de son existence. Chez l'artiste, il existe beaucoup d'allégorie religieuse comme par exemple : les montagnes sont le symbole de Dieu, les rochers réprésentent la foi, les sapins : la foule des croyants...Le paysage du fond est le reflet de l'au-delà et le premier plan en grande partie plongé dans les ténébres symbolise de monde terrestre.De cette manière, Friedrich met en évidence la condition humaine qui est à la recherche de Dieu et qui doit connaître différentes épreuves avant de l'atteindre. Pour lui, Rencontrer Dieu est une quête perpétuelle et qui doit être méritée. Cette recherche peut avoir un caractère plus ou moins positif, et cela en fonction du vocabulaire choisi par le peintre. En fait, si ce personnage placé dans la nature se donne la peine de chercher cet infini où se trouve la réponse à son existence, il abordera celle-ci de façon plus optimiste,car il aura trouvé le réconfort dans les bras du Dieu-Nature.
L'homme devant la puissance, la grandeur de la nature n'a pas d'autre alternative que la méditation, son salut en dépend. Il doit se perdre dans cette contemplation pour tenter d'atteindre l'Infini. La perte de l'identité qui en résulte doit être considérée plus comme un gain, car il y a rapprochement avec Dieu.
La notion de panthéisme est très importante chez les Romantiques : Dieu est tout. Lorsque nous regardons la nature, création de Dieu, nous cherchons à rencontrer notre Créateur. Friedrich rejoignait cette pensée :" Le divin est partout jusque dans un grain de sable ".
Le thème de la nature " Bible du Christ " occupe la pensée de nombreux philosophes allemands de cette époque, notamment Goethe qui affirme que la nature est un appel à l'illimité et que l'esprit est capable d'y percevoir l'indicible.

Jean-François Millet

le printemps de Jean-François Millet

Le printemps de Jean-François Millet
1868-1873 École de Barbizon
Huile sur toile 86 x 111 cm

Analyse de l'oeuvre

Le Printemps appartient à un cycle de quatre toiles consacré aux Quatre Saisons. Millet exécute ce cycle de façon discontinue, entre 1868 et 1873-1874. L'Hiver ne sera jamais fini. Relativement autonomes, les quatre tableaux peuvent être séparés.

Mais des liens subtils les unissent, notamment Le Printemps et L Automne d'une part et l'Hiver et le l'Eté d'autre part. Tous établissent un dialogue entre la nature et l'homme. Le Printemps et L Automne accordent une place essentielle au paysage : l'homme doit affronter la nature toute-puissante et semble chercher un abri contre les foudres du ciel.

L 'Hiver et L'Été donnent en revanche le premier rôle à l'homme même si la nature semble toujours menaçante.
Dans Le Printemps, comme dans son pendant, les parfums de la saison précédente semblent encore vivaces mais ceux de la saison prochaine sont déjà au rendez-vous. C'est un moment de transition, le ciel couleur de plomb est lourd de nuages, souvenirs d'un orage à peine terminé. La nature s'habille de vert, signe d'une nouvelle croissance. L'arc-en-ciel laisse entrevoir la lumière d'un été imminent. Millet s'appuie sur la tradition de la peinture de paysage, chère à son ami Rousseau, pour se rapprocher de Constable et, finalement, de Ruysdael. Les deux autres tableaux représentent au contraire chacun une saison dans sa plus pleine expression.

L'oeuvre
Le tableau est commandé par Frédéric Hartmann en 1868 et terminé en 1873. Mme Hartmann l'offre au Louvre en 1887. Durand-Ruel présente l'œuvre à Paris en 1878, dans le cadre de « L' Exposition rétrospective de tableaux et dessins de maîtres, modernes ». Millet réalise également une version presque identique, au pastel aujourd'hui conservée à la Gulbenkian Foundation, à Lisbonne. Une copie anonyme, de même format se trouve en 1950 sur le marché américain.

 
Jean-François Millet, école de Barbizon

Bergère gardant ses moutons 1864
Musée d'Orsay, toile 81 x 146 cm
Ecole de Barbizon

Analyse
L'œuvre, connue aussi sous le titre de La Grande Bergère, date de l'époque de l'école de Barbizon - petit village à la lisière de la forêt de Fontainebleau, où l'artiste s'établit définitivement en 1849.

Bien qu'il se distingue des autres peintres de Barbizon, il partage leur goût pour une peinture naturaliste. Solidement campée au premier plan par de larges masses de couleur cernées d'un contour net et réduit à l'essentiel, la figure solitaire de la bergère est surprenante de vigueur.Cette simplification des formes et de la composition apparaît dans l'œuvre de Millet au début des années 1860, et s'inspire des estampes japonaises reproduites dans le Magasin pittoresque.
La tête inclinée et le regard fixe de la bergère expriment une profonde résignation à sa modeste condition et révèlent les intentions de l'artiste qui en 1851 écrit à son ami Sensier :« Je veux que les êtres que je représente aient l'air enracinés dans leur condition au point qu'il soit impossible d'imaginer qu'ils pensent être un jour autre chose que ce qu'ils sont. »
Cette condition humaine trouve également sa traduction dans la grande plaine dépouillée qui s'étend, derrière le troupeau, jusqu'à l'horizon. On retrouve cette plaine dans bien d'autres tableaux de Millet, et notamment dans l'Angélus et dans l'Hiver aux corbeaux : le paysage y est «dépouillé, résumé, arasé, réduit presque aux broussailles et à la ligne d'horizon... et cela pour y mettre au premier plan... l'homme des champs... tel que la terre le condamnait à demeurer dans un monde où tout changeait sauf lui »(André Fermigier)

L'œuvre
La Grande Bergère, commandée par Paul Tesse en 1863 et exposée l'année suivante au Salon, est le premier succès public de Millet. L'État veut même l'acheter, mais ce n'est pas possible car il s'agit d'une commande privée. Dans une lettre du 1er juin 1864, son agent Sensier déclare à l'artiste « Ce tableau a vraiment fasciné tout le monde. » L'œuvre est exposée en même temps que son pendant, La Naissance du veau, sur lequel Millet a fondé tous ses espoirs. Mais cette dernière œuvre suscite de féroces critiques, d'Emest Chesneau, qui l'accuse d'avoir représenté « le type de crétin de campagne », à Théophile Gautier (jusqu'alors un fidèle défenseur des œuvres de Millet), qui souligne la solennité exagérée de ses paysans, semblables à des prêtres égyptiens transportant le futur dieu Apis.

Millet et la critique
La critique romantique a accusé Millet d'être un artiste grossier, non seulement en raison du choix de ses sujets liés à la terre et à la vie des champs, mais aussi à cause de l'extrême simplification des formes. Millet se défendait de cette accusation en déclarant: « Je voudrais seulement attirer l'attention sur l'homme condamné à gagner sa vie à la sueur de son front. Je suis paysan... et en ce qui concerne ma manière de peindre...elle ne dérive que de la manière de comprendre plus ou moins les difficultés de la vie...» Théophile Gautier, un des critiques les plus intéressants de son époque, écrit à son sujet :« Millet est un indépendant et ne pense certes pas à suivre quiconque.. Parmi ses œuvres, seules celles qui veulent exprimer quelque chose lui plaisent... et tout cela fait que sa peinture trouble le sommeil des heureux... cet homme ne peut être influencé par personne et ne peut marcher dans le sillon d'un autre »